Jesús de Miguel, attaquant du CD Tenerife, est mort mardi 3 novembre 2026 à 30 ans, quelques heures après un choc avec le gardien d’Andorra en fin de match de deuxième division. Le déroulé des faits, les réactions, les précédents de Foé à Eriksen et les leçons que le football doit en tirer.
un choc dans les dernières secondes de Tenerife – Andorra

Lundi 2 novembre, le CD Tenerife reçoit le FC Andorra pour le compte de la Liga2. Dans les ultimes secondes, Jesús de Miguel part à la poursuite d’un ballon près du rond central. Le gardien andorran Jesús Owono, sorti très loin de sa surface pour dégager, le percute à pleine vitesse, un impact violent au niveau du visage. L’attaquant reste inerte sur la pelouse.
Les secours interviennent immédiatement : le joueur, inconscient, est victime d’un arrêt cardiorespiratoire et réanimé sur le terrain avant son transfert en ambulance vers l’hôpital de Tenerife. L’arbitre expulse Owono et la rencontre est définitivement arrêtée. Le premier bulletin de l’hôpital évoque un état « stable, bien que grave ».
Une nuit d’espoir, puis l’annonce de mardi matin
Dans la nuit, l’hôpital publie un second communiqué : l’état du joueur a « empiré d’un point de vue neurologique ». Mardi à 8h00, le CD Tenerife annonce son décès dans un message adressé « à sa famille dévastée, à ses proches et à tout le tinerfeñismo ». La famille demande le respect de sa vie privée. Selon la presse espagnole, la Police nationale a ouvert une enquête pour homicide involontaire afin d’établir les circonstances exactes du choc.
Jesús de Miguel, un attaquant de l’ombre du football espagnol
Né le 21 septembre 1996, Jesús de Miguel Alameda a construit sa carrière loin des projecteurs : Unionistas de Salamanca à partir de 2021, puis le CD Castellón en janvier 2023, avec qui il remonte en deuxième division, avant de rejoindre Tenerife en juillet 2025. Attaquant de devoir, il était sous contrat avec le club canarien jusqu’en 2028.
Les réactions : matchs suspendus, minute de silence et hommage de Raphinha

La Fédération espagnole a suspendu tous les matchs programmés mardi, et l’UEFA a décrété une minute de silence sur l’ensemble des terrains européens de Ligue des champions. Le Real Madrid, le FC Barcelone et Kylian Mbappé ont rendu hommage au joueur. Mardi soir au Camp Nou, Raphinha lui a dédié son doublé face à Aston Villa, un match dont vous retrouverez le détail dans nos résultats de la soirée de Ligue des champions. Le gardien Jesús Owono, décrit comme anéanti, a reçu de nombreux messages de soutien.
Les précédents : de Marc-Vivien Foé à Christian Eriksen

Les drames en plein match jalonnent l’histoire du football, le plus souvent pour des causes cardiaques. Les Camerounais gardent en mémoire Marc-Vivien Foé, effondré à Lyon le 26 juin 2003 en demi-finale de Coupe des confédérations contre la Colombie, et Patrick Ekeng, mort sur la pelouse du Dinamo Bucarest le 6 mai 2016. Le cas de Jesús de Miguel appartient à une catégorie plus rare, celle du traumatisme consécutif à un choc.
| Joueur | Date | Circonstances | Issue |
|---|---|---|---|
| Samuel Okwaraji (Nigeria) | 12 août 1989 | Effondré à Lagos lors d’un match de qualification au Mondial contre l’Angola | Décès (insuffisance cardiaque) |
| Marc-Vivien Foé (Cameroun) | 26 juin 2003 | Effondré à la 72e minute de Cameroun – Colombie, Coupe des confédérations | Décès (cardiomyopathie hypertrophique) |
| Miklós Fehér (Benfica) | 25 janvier 2004 | Malaise sur la pelouse à Guimarães, en championnat portugais | Décès (cardiomyopathie hypertrophique) |
| Antonio Puerta (Séville) | 25 août 2007 | Malaise lors de Séville – Getafe, décédé trois jours plus tard | Décès (dysplasie ventriculaire droite) |
| Piermario Morosini (Livorno) | 14 avril 2012 | Arrêt cardiaque à Pescara, en Serie B | Décès |
| Patrick Ekeng (Cameroun) | 6 mai 2016 | Effondré à Bucarest sept minutes après son entrée en jeu | Décès ; ambulance sans défibrillateur mise en cause |
| Fabrice Muamba (Bolton) | 17 mars 2012 | Arrêt cardiaque de 78 minutes à White Hart Lane | Sauvé, carrière terminée |
| Christian Eriksen (Danemark) | 12 juin 2021 | Arrêt cardiaque à l’Euro contre la Finlande, massage et défibrillateur sur place | Sauvé, retour au jeu avec un défibrillateur implanté |
| Jesús de Miguel (Tenerife) | 2 novembre 2026 | Choc à pleine vitesse avec le gardien d’Andorra, arrêt cardiorespiratoire | Décès le lendemain |
Les leçons à tirer pour le football
Première leçon, la chaîne de secours. Eriksen et Muamba ont survécu parce qu’un massage cardiaque et un défibrillateur ont été utilisés dans les premières minutes. Ekeng est mort dans une ambulance qui n’en avait pas. Un défibrillateur et une équipe formée au bord de chaque terrain, y compris dans les championnats africains et les divisions inférieures, ne relèvent plus de l’option.
Deuxième leçon, la protection face aux chocs. Les sorties lointaines des gardiens font partie du jeu moderne, mais les arbitres doivent sanctionner sans hésiter le jeu dangereux, et les protocoles commotion doivent s’appliquer dès qu’un joueur reste au sol après un impact à la tête. Troisième leçon, le dépistage cardiaque exigé par l’UEFA et la FIFA pour leurs compétitions reste inégalement appliqué ailleurs. Enfin, l’accompagnement psychologique de ceux qui restent, coéquipiers, famille et Jesús Owono lui-même, fait partie de la réponse. Retrouvez toute notre actualité du football espagnol.
💡 Le regard de Cédrick Aimé Guelang
« Ce drame rappelle ce que Foé et Ekeng nous ont déjà appris, parfois sans que nous en tirions les conséquences. Au Cameroun, combien de stades de première division disposent d’un défibrillateur opérationnel et d’un médecin formé aux gestes d’urgence ? La réponse à cette question vaut plus que n’importe quel débat tactique. À Tenerife, les secours ont fait leur travail et cela n’a pas suffi ; ailleurs, l’absence de moyens enlève même cette chance. Nos pensées vont à la famille de Jesús de Miguel et au gardien Jesús Owono, qui devra vivre avec ce geste. »