Il lui a fallu sept minutes. Entré à la 80e au Camp Nou, Eduardo Camavinga a délivré la passe du but vainqueur de Kylian Mbappé dans le Clásico, six mois après l’expulsion de Munich qui avait fait de lui le bouc émissaire de tout Madrid. Une action ne fait pas une renaissance. J’ai donc repris son parcours depuis avril pour mesurer ce qui a réellement changé, et ce qui reste à prouver.
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Sept minutes pour faire basculer le Clásico

Dimanche soir, Camavinga a commencé le match sur le banc. Il en est sorti pour remplacer Bernardo Silva, alors que le Barça poussait pour prendre l’avantage.
L’action qui a tout changé
À la 87e minute, Bellingham se dégage du pressing d’une roulette et trouve Arda Güler. Camavinga, parti de la deuxième ligne, reçoit dans l’espace, élimine Pau Cubarsí d’un crochet, devance Joan Garcia et sert Mbappé en retrait. Le Français marque son centième but sous le maillot merengue, et le Real l’emporte 2-1. Juste après, Tchouaméni a dû protéger son coéquipier de drapeaux catalans lancés un peu trop près de sa tête pendant la célébration.
La consigne de Mourinho
En conférence de presse, Mourinho a expliqué le message transmis avant l’entrée de son joueur : Tchouaméni resterait bas pour protéger la défense, et Camavinga attaquerait l’espace. Il a justifié la sortie de Bernardo Silva par le besoin de jambes, puis a eu cette phrase qui a fait le tour de l’Espagne : « Camavinga est un titulaire. » Il a rappelé au passage que son milieu avait livré un match extraordinaire contre Leipzig quatre jours plus tôt, ce qui ne l’avait pas empêché de démarrer sur le banc.
| Son Clásico en chiffres | Détail |
|---|---|
| Entrée en jeu | 80e minute, à la place de Bernardo Silva |
| Score à son entrée | 1-1 |
| Action décisive | Passe décisive pour Mbappé à la 87e |
| Adversaire direct éliminé | Pau Cubarsí |
| Résultat final | FC Barcelone 1-2 Real Madrid |
Munich, 15 avril : la soirée qui a tout fait basculer

Pour comprendre ce que représente cette passe, il faut revenir six mois en arrière, à l’Allianz Arena, en quart de finale retour de Ligue des champions.
Vingt-quatre minutes, deux cartons jaunes
Battu 2-1 à l’aller, le Real avait refait son retard sur l’ensemble des deux matchs quand Álvaro Arbeloa a lancé Camavinga à la 62e minute pour renforcer le milieu. Averti à la 79e, il a reçu un second carton à la 86e : une faute sur Harry Kane, puis le ballon conservé pour retarder la reprise. À dix, le Real a craqué en fin de match et s’est incliné 4-3, éliminé 6-4 au cumul. Arbeloa a contesté la décision de l’arbitre Slavko Vinčić, mais l’image est restée : celle d’un joueur qui fait perdre son équipe par un geste évitable.
Le poids d’une étiquette
Camavinga s’est excusé dès le lendemain. Quelques semaines plus tard, il a raconté avoir pris l’épisode comme une erreur personnelle, même si son vestiaire l’avait soutenu, avant de résumer : « le football est ingrat ». Je le comprends, mais je ne partage pas tout à fait son diagnostic. Munich n’a pas effacé dix bons matchs ; il a confirmé une saison déjà irrégulière, et c’est pour cela que l’étiquette a tenu aussi longtemps.
L’été de tous les déclassements
En quelques semaines, Camavinga a perdu sa place en équipe de France et sa valeur aux yeux de son club.
Absent de la Coupe du monde
Le 14 mai, Didier Deschamps a dévoilé sa liste de 26 pour le Mondial nord-américain. Camavinga, 29 sélections, présent en 2022 et à l’Euro 2024, n’y figurait pas. Le sélectionneur n’avait retenu que cinq milieux, au profit d’un secteur offensif très fourni. Visiblement touché en conférence de presse, il a reconnu que son joueur avait le droit de lui en vouloir. Les Bleus ont atteint les demi-finales ; Camavinga les a regardés depuis son canapé.
Sur la liste des départs à Madrid
Fin juin, la presse espagnole annonçait que le Real était prêt à vendre son milieu, pour un montant situé entre 50 et 60 millions d’euros selon les sources. Des clubs de Premier League, l’Inter et le PSG étaient cités. Mourinho, fraîchement nommé, voulait recruter au milieu et ne semblait pas compter sur lui. Camavinga, sous contrat jusqu’en 2029, a refusé toutes les pistes : il voulait rester et convaincre son nouvel entraîneur pendant la préparation.
Le veto de Mourinho
C’est là que l’histoire a tourné. Le milieu ciblé par Madrid, Rodri, a finalement choisi le FC Barcelone, et Mourinho a fini par s’opposer au départ de Camavinga. Fin août, il l’a même défendu publiquement, en le décrivant comme un joueur peu populaire qui venait de réaliser un match fantastique. Venant d’un entraîneur qui pèse chacun de ses mots, ce n’était pas un compliment anodin.
Les chiffres d’une progression à l’arrêt
Le déclin de Camavinga ne date pas de Munich. Son temps de jeu recule depuis plusieurs saisons, et c’est ce recul qui inquiétait le plus les observateurs.
Un temps de jeu en chute
| Saison | Matchs | Titularisations | Minutes jouées |
|---|---|---|---|
| 2022-2023 | 59 | 39 | Environ 3 550 |
| 2025-2026 | 43 | 23 | Environ 2 200 |
| Évolution | -16 matchs | -16 titularisations | Près de 1 350 minutes de moins |
En trois saisons, Camavinga a perdu environ 40 % de son temps de jeu, toutes compétitions confondues. Le début d’exercice 2026-2027 n’a d’abord rien changé : des bouts de match de onze ou treize minutes en août, vingt minutes dans le derby perdu contre l’Atlético. Les titularisations face à Málaga, au Betis et contre Leipzig ont été les premiers signes d’un retour en grâce.
Pourquoi il a stagné
Je vois quatre causes, qui se sont additionnées. Un poste jamais fixé, d’abord : utilisé au milieu comme au poste d’arrière gauche, qu’il a dit publiquement ne pas aimer, il n’a jamais pu s’installer dans un rôle. Les blessures, ensuite, entre une entorse de la cheville et des alertes musculaires qui l’ont coupé de son rythme. L’instabilité sur le banc, avec quatre entraîneurs en un peu plus d’un an : Ancelotti, Xabi Alonso, Arbeloa puis Mourinho. Et enfin la discipline, son point faible le plus coûteux, que Munich a exposé au grand jour.
Zidane et Mourinho, la double relance

Deux techniciens au caractère très différent ont fait le même pari au même moment. C’est, à mon sens, la vraie raison du rebond actuel.
Zizou lui rouvre les portes des Bleus
Pour sa toute première liste de sélectionneur, Zinedine Zidane a rappelé Camavinga. L’absence de Tchouaméni, laissé à Madrid pour terminer sa récupération, a ouvert la porte, mais Zidane l’a utilisé lors de chaque match du rassemblement, dont la victoire en Turquie (1-0), avant de le titulariser face à la Belgique. Sa prestation a convaincu. Le milieu a de son côté affirmé être prêt à multiplier les efforts pour faire briller les joueurs offensifs, un discours que je n’avais jamais entendu chez lui avec cette netteté.
Mou lui donne un rôle clair
À Madrid, le changement tient en une consigne. Mourinho ne lui demande plus de tout faire : Tchouaméni tient la position, Camavinga casse les lignes en attaquant l’espace, ce qu’il fait mieux que quiconque dans l’effectif. C’est exactement l’action du but contre le Barça. Pour un joueur longtemps baladé d’un poste à l’autre, une mission simple et assumée par l’entraîneur vaut plus qu’un long discours de confiance.
Renaissance ou simple embellie ?
Je reste prudent sur le mot « renaissance ». Les signaux sont bons, mais l’échantillon est court.
Il a gagné la confiance de deux entraîneurs exigeants, retrouvé l’équipe de France et pesé sur le match le plus important de la saison. À 23 ans, il garde surtout un profil rare : la capacité à porter le ballon sur trente mètres et à éliminer en course, ce qui manque à beaucoup de milieux modernes.
Il a encore commencé le Clásico sur le banc. Pour parler de renaissance, il faudra le voir enchaîner les titularisations, tenir physiquement sur plusieurs mois et ne plus offrir de cartons évitables dans les grands rendez-vous. Je fixerais un premier bilan à la trêve hivernale : s’il est alors un titulaire régulier de Mourinho et un habitué des listes de Zidane, le mot sera mérité.
Ce que cela change pour vos paris
Le cas Camavinga ne se joue pas directement sur un marché de paris, mais il donne des indices utiles sur la façon dont Mourinho gère ses fins de match.
| Indicateur | Ma lecture |
|---|---|
| Camavinga titulaire | Signe d’un Real plus tourné vers la transition rapide que vers la possession |
| Camavinga entrant | Mourinho cherche des jambes pour attaquer l’espace en fin de match : un Real dangereux dans le dernier quart d’heure |
| Cartons | Son historique disciplinaire reste un point de vigilance dans les matchs tendus |
Avant chaque rencontre du Real, regardez la composition annoncée : la place de Camavinga dit beaucoup du plan de Mourinho. Comparez ensuite les cotes dans notre classement des bookmakers et consultez nos pronostics du jour.
Conclusion
Je retiens trois choses de ces six mois.
- La chute était réelle et ancienne. Munich et l’absence au Mondial n’ont fait que rendre visible un temps de jeu en recul depuis trois saisons.
- La relance doit beaucoup à deux hommes. Mourinho lui a donné un rôle précis et a bloqué son départ, Zidane lui a rouvert la sélection.
- Le Clásico est un début, pas une conclusion. Sa renaissance se mesurera à sa régularité d’ici l’hiver, pas à sept minutes au Camp Nou.
💡 L’analyse de Cédrick Aimé Guelang
« J’ai souvent entendu dire que Camavinga était surcoté. Je pense plutôt qu’il a été mal utilisé, puis jugé sur sa pire soirée. Ce que Mourinho a compris, c’est qu’il ne faut pas lui demander de tout faire, mais de faire ce qu’il fait mieux que les autres. Si vous suivez le Real cette saison, surveillez son statut au coup d’envoi : c’est un bon thermomètre du plan de jeu. Et quel que soit le match, fixez votre mise à l’avance et ne la relevez jamais pour courir après une perte. »
Questions fréquentes
L’essentiel du dossier Camavinga, en réponses courtes.
⚽ Qu’a fait Camavinga lors du Clásico ?
Entré à la 80e minute à la place de Bernardo Silva, il a délivré la passe décisive du but vainqueur de Kylian Mbappé à la 87e, après avoir éliminé Pau Cubarsí. Le Real Madrid s’est imposé 2-1 au Camp Nou le 25 octobre 2026.
🟥 Que s’est-il passé contre le Bayern Munich ?
En quart de finale retour de Ligue des champions, le 15 avril 2026, il est entré à la 62e et a été expulsé à la 86e après deux cartons jaunes. Réduit à dix, le Real a perdu 4-3 et a été éliminé 6-4 au cumul.
🇫🇷 Pourquoi n’était-il pas à la Coupe du monde 2026 ?
Didier Deschamps ne l’a pas retenu dans sa liste de 26, publiée le 14 mai 2026. Le sélectionneur n’avait pris que cinq milieux, et la saison difficile du joueur au Real Madrid a pesé dans son choix.
💼 Le Real Madrid voulait-il vraiment le vendre ?
Oui. Durant l’été 2026, le club était prêt à le céder pour un montant estimé entre 50 et 60 millions d’euros. Le joueur a refusé de partir, et José Mourinho a finalement bloqué son départ.
🔁 Quel rôle joue Zidane dans sa relance ?
Nommé sélectionneur après le Mondial, Zinedine Zidane l’a convoqué dès sa première liste et l’a utilisé lors de chaque match du rassemblement, avant de le titulariser contre la Belgique.
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