Côte d’Ivoire : deux mois après son retour, Hervé Renard déjà dans le viseur des supporters

Cédrick Aimé Guelang

5 octobre 2026

La lune de miel n’aura pas duré. Nommé le 4 août dernier pour succéder à Emerse Faé, Hervé Renard avait pourtant réussi ses débuts : 2-0 face au Ghana à Bouaké, buts de Malick Yalcouyé et de Franck Kessié sur penalty, puis 2-0 contre la Somalie à Abidjan. Six points sur six et la première place du groupe C des éliminatoires de la CAN 2027. Sur le papier, rien à redire.

Mais samedi soir, le gala face au Cameroun a tout fait basculer. Au stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, le double champion d’Afrique a aligné un onze remanié à dix postes, laissant Kessié, Evan Ndicka ou Yahia Fofana sur le banc au coup d’envoi. Un but de Bil Nsongo, dès la reprise, sur un service d’Arthur Avom, a suffi aux Lions indomptables. Première défaite de l’ère Renard bis, à domicile, face au rival de toujours.

« Le coach voulait essayer quelque chose »

Dans la foulée, la toile ivoirienne s’est enflammée. Vidéos à chaud, débats interminables, procès en « casting raté » : certains supporters vont jusqu’à demander la démission du technicien français, deux mois à peine après sa présentation en grande pompe au siège de la FIF. D’autres, plus mesurés, rappellent qu’il ne s’agissait que d’un amical de préparation et que le turnover explique tout.

Dans le vestiaire aussi, le message est passé. Entré à l’heure de jeu, Yan Diomandé a reconnu au micro de NCI qu’un Côte d’Ivoire-Cameroun n’est jamais un match comme les autres et que le groupe voulait gagner, avant de glisser : « le coach voulait essayer quelque chose. Malheureusement, cela n’a pas marché ». Une sortie franche, qui en dit long sur la frustration ambiante.

Renard assume la défaite de son équipe

Le principal intéressé, lui, n’a pas cherché d’excuse. Le Savoyard a expliqué avoir pris des risques avec son onze parce que c’était la seule occasion de voir les nouveaux à l’œuvre, et il en assume l’entière responsabilité. Lui qui dénonçait déjà « beaucoup de suffisance et de maladresse » après la Somalie n’a visiblement pas l’intention de changer de méthode.

Un discours de vérité qui ne calmera pas tout le monde. Car en Côte d’Ivoire, la pression ne se mesure pas au classement. Avec un contrat de deux ans et la CAN 2027 comme premier vrai rendez-vous, Hervé Renard sait qu’un amical perdu contre le Cameroun pèse plus lourd qu’ailleurs. Prochain test en novembre, avec deux nouvelles journées de qualifications. D’ici là, le vainqueur de Bata 2015 devra reconquérir un public qui l’avait accueilli en sauveur.

L’avis de l’expert

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